La ligne faisait 56 kilomètres. Elle présentait des pentes et rampes sévères
(jusqu'à 1,6 %), notamment de Lumbres à Lottinghem. Les mécaniciens des locomotives
redoutaient de '' planter un chou '', c'est à dire de ne pouvoir avancer en raison d'un
manque de puissance ou d'adhérence (chute de feuilles à l'automne). C'était alors
quasiment une honte de devoir demander le renfort d'une locomotive. On comprend
le '' ouf '' de soulagement que poussaient les mécaniciens en arrivant au sommet de la
ligne, à un point appelé l'arbre de la liberté, sans doute parce qu'à partir de cet endroit
les locos roulaient toutes seules en liberté ! (Jean-Marc Szuba, V.D.N. 28 août 2001).
En juillet 1874, les industriels et les commerçants se plaignaient du coût excessif des
transports des marchandises et surtout de la classification de celles-ci. Même doléances
à propos des tarifs voyageurs, beaucoup plus élevés que sur les autres lignes. L'hiver,
les voyageurs se plaignent du froid dans les compartiment chauffés seulement par de
petites bouillottes. L'éclairage était assuré par des lampes à huile ensuite remplacé
par le gaz acétylène.
La ligne Saint-Omer Boulogne n'étant qu'une ligne secondaire, les trains étaient
toujours formés de voitures réformées des grandes lignes à compartiments fermés, qui
ne disposaient pas de toilette, ce qui obligeait les usagers à une continence forcée.