Mise à jour

Lundi 23 avril 2012
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Les temps héroïques

    La ligne faisait 56 kilomètres. Elle présentait des pentes et rampes sévères
(jusqu'à 1,6 %), notamment de Lumbres à Lottinghem. Les mécaniciens des locomotives
redoutaient de '' planter un chou '', c'est à dire de ne pouvoir avancer en raison d'un
manque de puissance ou d'adhérence (chute de feuilles à l'automne). C'était alors
quasiment une honte de devoir demander le renfort d'une locomotive. On comprend
le '' ouf '' de soulagement que poussaient les mécaniciens en arrivant au sommet de la
ligne, à un point appelé l'arbre de la liberté, sans doute parce qu'à partir de cet endroit
les locos roulaient toutes seules en liberté ! (Jean-Marc Szuba, V.D.N. 28 août 2001).
    En juillet 1874, les industriels et les commerçants se plaignaient du coût excessif des
transports des marchandises et surtout de la classification de celles-ci. Même doléances
à propos des tarifs voyageurs, beaucoup plus élevés que sur les autres lignes. L'hiver,
les voyageurs se plaignent du froid dans les compartiment chauffés seulement par de
petites bouillottes. L'éclairage était assuré par des lampes à huile ensuite remplacé
par le gaz acétylène. 
 
    La ligne Saint-Omer Boulogne n'étant qu'une ligne secondaire, les trains étaient
toujours formés de voitures réformées des grandes lignes à compartiments fermés, qui
ne disposaient pas de toilette, ce qui obligeait les usagers à une continence forcée.
composé C'est en 1946 qu'apparurent les toilettes dans les trains.
 
    Le trafic fut soutenu jusqu'à la veille de la deuxième guerre mondiale. En 1937, il y
avait quatre allers-retours de Saint-Omer à Boulogne-sur-Mer et un aller-retour de
Saint-Omer Lumbres. Les rampes difficiles de la ligne et le manque de puissance des
locomotives expliquent qu'il fallait une heure vingt-cinq minutes pour aller de Saint-
Omer à Boulogne (Jean-Marc Szuba, V.D.N. 31 août 2001).

    La ligne fut d'un grand secours à la SNCF entre 1940 et 1944. Quand la voie reliant
Boulogne à Calais par la côte était endommagée par les bombardements, les trains
étaient déviés par Saint-Omer.
    Après la guerre l'exploitation devint déficitaire. On mis en place quatre navettes
d'autocars qui eut pour effet de réduire à deux le nombre d'allers-retours des trains de
voyageurs. L'arrivée d'autorails (moins chers à l'achat, en consommation et en entretien)
en 1953 n'empêcha pas la SNCF de décider d'arrêter le trafic voyageurs de Desvres à
Saint-Omer le 15 juillet 1959 (Jean-Marc Szuba, V.D.N. 31 août 2001). Dix ans plus tard
(30 novembre 1969), le tronçon Lumbres-Lottinghem est fermé à la circulation des trains
de marchandises.

    Aujourd'hui, la ligne entre Saint-Omer et Lumbres ne sert plus qu'aux trains
desservant la cimenterie Holcim et le Train Touristique de la Vallée de l'Aa.