La voie ferrées Saint-Omer- Boulogne, qui en ces temps-là fit couler beaucoup d'encre
avait été mise à l'étude en 1837. Le projet revint sur le tapis en 1843, 1847 et 1854
provoquant à chaque fois de vives controverses.
Finalement. c' est le cas de le dire. le projet tomba a l'eau. La ligne ferroviaire
Saint-Omer Boulogne avait été l'objet d'une enquête ouverte le 28 avril 1855 à la
préfecture du Pas-de-Calais. Elle était reconnue d'intérêt stratégique.
Une compagnie franco-anglaise représentée par M. Westoby, personnalité britannique
avait été autorisée par décision du 3 octobre 1864 à réaliser une étude de chemin de
fer entre Saint-Omer et Boulogne. Elle proposait de construire cette voie sans
subvention ni garantie de l'État.
Les études eurent lieu aucune observation n'ayant été formulée au cours de l'enquête.
Les pièces et plan d'avant projet de construction. les rapports des ingénieurs de
contrôle et le procès verbale des conférences tenues entre les services civiles et les
ingénieurs militaires furent transmis le 16 septembre 1865 à M.M. les ministres de
l'agriculture, du commerce et des travaux publics. La déclaration d'utilité publique ne
fut jamais prononcée et l'on n'entendit plus parler de la Société Westoby ..
Le projet fut repris par la Compagnie du Nord et accueilli avec une grande
satisfaction en 1868, car toutes les fabriques et moulins étaient dans l'obligation d'aller
chercher leurs matières premières en gare de Saint-Omer et pour l'expédition de leurs
produits finis, il en était de même. Toutes les municipalités consultées donnèrent un
avis favorable au tracé et un vœu fut émis pour que le projet soit classé parmi les
dossiers prioritaires du corps législatif.
La ligne sera établie provisoirement à une seule voie, mais les terrains acquis et les
ouvrages d'art ont été conçus pour permettre la construction d'une deuxième voie qui ne
sera réalisée qu'en 1916 par l'armée britannique jusqu'à Lumbres. Entre Lumbres et
Nielles-les-Bléquin, la ligne resta toujours unique. La deuxième voie entre Arques et
Lumbres fut démontée en 1945.
D'après un rapport du Préfet au conseil général, un décret impérial du 22 mai 1869
approuva la convention passée entre les ministres du commerce, de l'agriculture et des
travaux public et la compagnie du Nord.
Le Chemin de fer devra relier Lumbres, Setques, Fersinghem, Esquerdes, jusqu'à
Hallines et franchir l'Aa entre Hallines et Wizernes avant de poursuivre vers
Blendecques, Arques et Saint-Omer. Les maires de Saint-Omer et Boulogne-sur-Mer
demandèrent une audience à l'Empereur pour l'entretenir des intérêts en jeu. Certaines
personnalités voulaient modifier le tracé et faire passer la ligne par Saint-Martin-au-
Laërt, Moulle, Tournehem, Caffiers. Le conseil général fut appelé à arbitrer. Le 30 mars
1870. La concession définitive pour la ligne de Saint-Omer à Boulogne, qui présentait de
grandes difficultés, est achevée comme étude sur le terrain. On s'occupe de réunir les
derniers renseignements pour soumettre le projet au gouvernement dans les premiers
jours d'avril.
Le 8 juin 1870 M. Derbesse, conseiller municipal de Saint-Omer, déposa un contre-
projet, qui prévoyait un tracé par Nielles-les-Bléquin Bayenghem-les-Seninghem, la
route impériale n°42. Boulogne Saint-Omer et la construction de la gare de Lumbres en
face de la route d'Acquin. Ensuite la voie suivait la route n°42 Jusqu'à Setques,
bifurquait pour épouser le contour de la route départementale 211 de Setques à
Wizernes,. en passant derrière les maisons des ingénieurs et directeur de la poudrerie
d'Esquerdes, et au nord d'Hallines et de Wizernes.
En 1871, les plans et tracés sont approuvés par décision du ministre des travaux
publics, en date du 17 août.
Les expropriations sont engagées au fur et à mesure des avancements des travaux.